BIOGRAPHIE

PARCOURS

Maxence Cyrin possède un parcours singulier, mené entre électronique et classique, piano et synthétiseurs. Formé d’abord au conservatoire, il se tourne par la suite vers les atmosphères plus sombres de la new wave avant de figurer parmi les pionniers de la scène électro française. Vers 1995, il renoue toutefois avec ses racines, avant de signer au cours de ces vingt dernières années, trois albums de compositions originales (The Fantasist, Nocturnes et Aurora), qui s’inscrivent dans le registre d’une musique « néo tonale » ou « modern classical ». Ce genre, dopé par les services de streaming, rassemble toute une nouvelle génération de compositeurs et compositrices qui attestent comme lui, d’un même double cursus musical. Parallèlement, il œuvre à des compositions et des arrangements dans l’univers de la pop et de la musique de film, sans oublier de signer trois albums de reprises, Modern Rapsodies, Novö Piano 1 et 2. Sa célèbre relecture du titre « Where Is My Mind ? »  des Pixies, à la fois mélancolique et hypnotique, lui apportera une renommée internationale grâce à sa présence sur de nombreuses séries américaines (Mr. Robot, The Leftovers), cumulant dans son sillage plus de cent millions d’écoute sur les plateformes de streaming.

 

MELANCHOLY ISLAND

Le 28 Janvier prochain, Le pianiste français sera de retour avec un 7e album composé de neuf titres originaux et deux reprises, dont les touchantes mélodies, enrichies de subtiles tonalités électroniques, évoquent les thèmes du voyage, de l’exil, de la contemplation et du passage du temps.

Éloge de la fuite

Un mouvement, mêlé de spleen et de liberté, traverse Melancholy Island, le nouvel album de Maxence Cyrin, qui révèle avoir puisé l’inspiration de son titre, dans ceux de deux ouvrages : « L’éloge de la fuite » de Henri Laborit et « La possibilité d’une île » de Michel Houellebecq. Un essai et un roman, dont la découverte a suffit au compositeur français à faire naître dans son esprit, un riche imaginaire témoignant d’un désir d’ailleurs. « J’aime le thème de l’île car il évoque la figure du refuge » nous dit-il. Un thème présent dès le premier morceau du disque, le lumineux et intense « Faro Bay », dont la dynamique incarne pour le pianiste, « le thème du départ, d’une libération, d’une évasion », qui est aussi une forme de « voyage intérieur » permettant « d’échapper à soi-même et à son époque ».

Au fil de onze compositions qui alternent des sensations de douce mélancolie, de spleen baudelairien, de paix ou de langueur, et de plus lumineux instants de méditation et de contemplation, l’album débute dans la lumière de Faro et du sud du Portugal, avant de s’embrumer et s’assombrir peu à peu, puis de retrouver, à son terme, un aspect plus serein. Composé au fil d’une période de près de deux ans, les titres de l’album peuvent s’entendre comme un journal intime, ou une série de nouvelles, qui documentent les états et les sentiments, ainsi que les lieux, les villes et les paysages que l’artiste a pu traverser, de la Bourgogne à Montmartre (où il vit), en passant par la région de l’Algarve, ses côtes et ses îles. L’homme a en effet souvent besoin de quitter Paris pour se régénérer au contact du soleil ou de la mer, afin de retrouver l’inspiration. Un sentiment qu’il décrit comme une « plénitude désirée » et qu’il évoque à travers différents titres comme « Faro Bay » donc, ainsi que « Rivages » ou « Voyage ».

 

Saisons, voyages et poussière

Enregistré sur un piano Steinway modèle D, aux studios de l’Orchestre National d’Île de France, ce nouvel et court album (le deuxième publié par Warner Classics), rassemble onze compositions qui témoignent du goût de l’artiste pour une forme concise, qui fait référence chez lui au format et à la durée de la pop song. Chaque titre est par ailleurs produit et sculpté à l’aide d’un travail spécifique sur l’enregistrement, le son et les effets, auquel s’ajoutent parfois de sobres lignes de basses et de notes tenues de synthétiseur.

Ainsi, le son brumeux de « Soft Skin », qui évoque le souvenir ou le regret de caresses échangées, est par exemple obtenu à l’aide d’un support de feutre posé sur les cordes. Par la suite, on retrouve ce thème de la mémoire des corps avec « Antica », la pièce la plus féminine de l’album, un morceau à trois temps, marqué par une dynamique souple, qui exprime selon l’artiste, « le mouvement d’un désir inassouvi ». « Seasons »évoque quant à lui avec légèreté et liberté, le passage du temps, un thème qui a été inspiré à l’artiste par sa rencontre avec le romancier Maurice Pons, auteur du livre culte Les saisons (1965). Entre chien et loup, le plus contemplatif «  As The Darkness Falls » s’inscrit dans la même thématique, inspiré par ce court moment au cours duquel le jour vient s’éteindre et faire naître le crépuscule. Plus intense, « Dust » fait quant à lui référence au poids du temps qui pèse sur nos épaules et sur celles de nos proches, alors que le plus serein « Voyage » apporte une clarté bienvenue à la dernière partie de l’album.

Le disque se clôt sur deux reprises qui permettent à Maxence Cyrin de revenir à ses premières amours musicales. Il revisite d’abord « Der Räuber Und Der Prinz », une inquiétante et perverse comptine électro-pop, publiée à l’origine en 1981, qui fût le plus grand tube de D.A.F., formation phare de la Neue Deutsche Welle, la new wave allemande. Et enfin avec une version apaisée de « The Carnival Is Over » de Dead Can Dance, autre groupe influent issu de la culture new wave et gothique.

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